Plastique et environnement : la difficile cohabitation

Publié le : 17 mai 20216 mins de lecture

L’un des avantages les plus populaires du plastique est aussi l’un des plus gros problèmes : sa durabilité. Pratique dans la vie de tous les jours, mais problématique en termes d’élimination – d’autant plus qu’une grande partie du plastique finit dans la nature, où il met jusqu’à 1000 ans à se décomposer. Les mers sont particulièrement touchées.

Plus que des bouteilles et des sacs en plastique

Les pages web pourraient être remplies d’informations sur le seul sujet des sacs en plastique, où l’Allemagne est le leader de la consommation. Mais la quantité de plastique ne s’arrête pas au supermarché : chaque appareil électrique contient également du plastique. Se passer systématiquement de plastique signifierait renoncer aux ordinateurs portables, aux téléphones mobiles, aux sèche-cheveux et aux grille-pain, il faudrait même parfois remplacer les cadres de fenêtre par du bois. Il n’y a pratiquement pas d’alternative aux brosses à dents.

Risque pour la santé de l’homme

Les effets nocifs du plastique sont moins évidents chez l’homme que dans la nature, mais peuvent néanmoins avoir des conséquences de grande portée. En effet, les emballages des aliments et des boissons, en particulier, contiennent des hormones qui sont utilisées comme plastifiants. Ils peuvent se dissoudre et pénétrer dans les aliments, ce qui les fait absorber par l’homme et peut entraîner des maladies et une modification de l’équilibre hormonal. Les quantités sont si spectaculaires qu’elles dépassent de loin la teneur en plancton de la mer dans certains endroits. Les conséquences pour les animaux sont dévastatrices à deux égards : d’une part, ils mangent les ordures et d’autre part, ils se blessent dessus.

Un autre problème est celui des micro plastiques qui sont causés par les additifs dans les produits de soin ou par l’abrasion de plus gros morceaux de plastique dans la mer. Il n’y a guère d’animal marin dans lequel on ne le trouve pas, et il retourne donc dans la nourriture.

Que fait-on pour réduire le plastique ?

Il existe divers projets d’associations et de particuliers qui attirent l’attention sur le problème du plastique et œuvrent pour une vie sans plastique. Par exemple, l’Union pour la conservation de la nature et de la biodiversité attire l’attention sur la pollution croissante avec son projet « Des océans sans plastique » et participe à des campagnes de nettoyage. Un exemple d’individu est une étudiante en psychologie berlinoise. Elle évite le plastique partout où elle peut et apporte ses propres récipients pour la nourriture et le gel douche dans les magasins.

En outre, un étudiant de dix-neuf ans nettoie la mer avec un aspirateur de mer, pour lequel il a remporté plusieurs prix. Les pétitions en ligne telles que celle contre l’emballage du dépliant publicitaire visent à contribuer à l’élimination de l’utilisation inutile du plastique. Divers blogs traitent également d’une vie sans plastique.

Comment le plastique est-il fabriqué ?

À la base du plastique, on trouve un polymère, une macromolécule constituée de longues chaînes carbonées. Le plastique est fabriqué essentiellement à partir du pétrole raffiné à partir duquel est extrait le naphta. Ce dernier est transformé en plastique dans une usine pétrochimique. On distingue deux grandes catégories de plastique : les thermoplastiques et les thermodurcissables. Les premiers fondent sous l’effet de la chaleur et se solidifient sous l’effet d’un refroidissement. Pour les seconds, la transformation est irréversible.

Dans la catégorie thermoplastique, on trouve par exemple les sacs-poubelles, en polyéthylène basse densité (PEBD), et les cartes de crédit, en polychlorure de vinyle (PVC). Dans la catégorie thermodurcissable, les colles et les peintures sont constituées de polyépoxydes appelés « époxy ».

Quelles conséquences ont les déchets plastiques sur la nature ?

Les matières plastiques prennent plus de quatre siècles à se dégrader et contaminent toute la chaîne alimentaire. Chaque année, jusqu’à 13 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans les océans, faute d’être recyclés.

Les dix déchets plastiques les plus ramassés en milieu marin dans le monde sont les mégots de cigarette, les fragments de plastique, les bouteilles, les emballages alimentaires, des fragments de polystyrène, les sacs plastiques, du matériel de pêche, les bouchons de bouteilles, les cotons tiges et les bâtons de sucettes. Aujourd’hui, 150 millions de tonnes de plastique se trouvent dans l’océan. Des scientifiques parlent même d’un « septième continent plastique » pour désigner une décharge flottante située dans l’océan Pacifique.

L’ingestion de déchets plastique tue également les animaux marins. Quarante kilogrammes de plastique ont récemment été retrouvés dans le ventre d’une baleine aux Philippines. Incapable de s’alimenter, en raison d’un estomac rempli de sacs, le cétacé n’a pas pu être sauvé. Le programme des Nations Unies pour l’environnement a placé la question du plastique dans l’océan parmi les six urgences environnementales les plus préoccupantes.

Quelles conséquences sur les hommes ?

Les résidus plastiques se retrouvent dans les espèces marines comme les tortues de mer, les phoques, les baleines et les oiseaux, mais aussi dans les poissons et les mollusques, et sont donc présents dans la chaîne alimentaire humaine. L’étude des effets des micro plastiques marins sur la santé humaine demeure compliquée mais la question se pose. Aux États-Unis, des scientifiques échantillonnent de larges portions des cours d’eau afin de déterminer la proportion de micro plastiques qui y est présente et qui pourrait se retrouver dans notre organisme.

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